Obligations comptables d’une entreprise : SASU, SCI, LMNP…
Tenue, comptes annuels, liasse fiscale, TVA, dépôt au greffe, paie et délais : ce que la loi impose dépend largement de votre statut. Ce guide récapitule, statut par statut, ce que vous devez tenir, déclarer et déposer — pour ne rien oublier et savoir quand un expert-comptable devient indispensable.
Des obligations qui dépendent d’abord de votre statut
« Obligations comptables » est une expression qui recouvre des réalités très différentes selon que vous dirigez une société à l’impôt sur les sociétés, gérez une SCI familiale, louez en meublé ou exercez en micro-entreprise. Avant d’entrer dans le détail, posons le cadre.
Toute entreprise doit pouvoir justifier de son activité : ce qu’elle encaisse, ce qu’elle dépense, ce qu’elle doit et ce qu’on lui doit. Au-delà de ce principe commun, l’étendue exacte des obligations varie selon trois facteurs : la forme juridique (société commerciale, société civile, entreprise individuelle), le régime fiscal (impôt sur les sociétés, impôt sur le revenu, micro) et le régime de TVA. Une SASU et une micro-entreprise n’ont presque rien en commun sur ce terrain.
Schématiquement, on distingue deux grands mondes. D’un côté, les sociétés commerciales à l’IS — SASU, SAS, SARL, EURL — soumises à une comptabilité d’engagement complète, à des comptes annuels et à un dépôt au greffe. De l’autre, les régimes allégés — micro-entreprise, et dans une moindre mesure certaines SCI à l’IR ou la location meublée au micro-BIC — où les obligations se limitent souvent à un suivi des recettes et à une déclaration. Entre les deux, des cas particuliers : SCI à l’IS, LMNP au réel, associations selon leur taille.
Ce guide est publié par un service de mise en relation : nous ne sommes pas un cabinet et ne tenons pas votre comptabilité. Notre rôle est de clarifier vos obligations, puis, si vous le souhaitez, de vous orienter vers des experts-comptables lyonnais vérifiés. La comparaison est gratuite et sans engagement.
Pourquoi ces obligations comptent vraiment
Les obligations comptables ne sont pas de simples formalités. Une comptabilité tenue correctement conditionne le calcul de votre impôt, la fiabilité de vos déclarations de TVA, votre capacité à obtenir un crédit bancaire et, le moment venu, la valorisation de votre entreprise. À l’inverse, un retard de dépôt, une liasse erronée ou une TVA mal déclarée exposent à des pénalités et fragilisent votre crédibilité face à l’administration comme aux partenaires.
L’erreur la plus fréquente consiste à confondre « pas d’expert-comptable obligatoire » avec « pas d’obligations ». Aucun texte n’impose, pour la plupart des structures, de recourir à un professionnel ; mais les obligations légales, elles, s’appliquent dans tous les cas. C’est précisément l’écart entre les deux que ce guide cherche à éclairer.
Les six obligations à connaître
Selon votre statut, vous serez concerné par tout ou partie de ces blocs. C’est la grille de lecture à garder en tête pour la suite du guide.
Tenue de la comptabilité
Enregistrer les opérations, conserver les justificatifs et archiver les pièces. En comptabilité d’engagement pour les sociétés ; en simple suivi des recettes pour la micro.
Comptes annuels
Pour les sociétés commerciales : bilan, compte de résultat et annexe à établir à chaque clôture d’exercice, puis approbation par les associés.
Liasse fiscale
La déclaration de résultat transmise à l’administration : 2065 à l’IS, 2031 ou 2072 selon les cas à l’IR. Elle détermine l’impôt dû.
TVA
Déclarations selon le régime : franchise en base (pas de TVA), réel simplifié (acomptes et régularisation annuelle) ou réel normal (déclaration mensuelle).
Dépôt au greffe
Les sociétés commerciales déposent chaque année leurs comptes annuels au greffe du tribunal de commerce. Les sociétés civiles et la micro en sont, en principe, dispensées.
Paie & social
Dès qu’il y a un salarié — ou un dirigeant assimilé salarié rémunéré : bulletins de paie, déclaration sociale nominative (DSN) et suivi des cotisations.
Le récapitulatif détaillé par statut
Voici, pour chaque grande famille de structures, ce que vous devez tenir, déclarer et déposer. Les délais précis sont regroupés plus bas, dans la section dédiée au calendrier.
SASU, SAS, SARL et EURL : le régime complet
Les sociétés commerciales soumises à l’impôt sur les sociétés relèvent du régime le plus exigeant. Elles doivent tenir une comptabilité d’engagement : chaque facture est enregistrée à sa date d’émission ou de réception, indépendamment du paiement. Cela suppose un livre-journal, un grand livre, et le classement de tous les justificatifs.
À chaque clôture d’exercice, elles établissent des comptes annuels — bilan, compte de résultat et annexe — qui sont approuvés par les associés (ou l’associé unique) en assemblée générale ordinaire. Sur le plan fiscal, elles déposent une liasse 2065 et acquittent l’impôt sur les sociétés. Enfin, elles déposent leurs comptes au greffe du tribunal de commerce de Lyon chaque année. Selon le régime de TVA, s’ajoutent des déclarations mensuelles, trimestrielles ou annuelles.
L’EURL présente une nuance : par défaut, son gérant associé unique relève de l’impôt sur le revenu (BIC ou BNC), même si l’option pour l’IS est fréquente. Dans tous les cas, la tenue, les comptes annuels et le dépôt au greffe restent dus. C’est pour ces structures que l’accompagnement d’un expert-comptable est le plus souvent retenu.
- Comptabilité d’engagement complète (livre-journal, grand livre, justificatifs).
- Comptes annuels : bilan, compte de résultat, annexe, approuvés en assemblée.
- Liasse fiscale (2065 à l’IS) et paiement de l’impôt correspondant.
- Dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.
- Déclarations de TVA et, le cas échéant, paie et DSN.
SCI : société civile, obligations allégées mais réelles
La société civile immobilière n’est pas une société commerciale : elle n’est, en principe, pas tenue de déposer ses comptes au greffe. Pour autant, elle doit tenir une comptabilité suffisante pour justifier ses revenus et ses charges, établir les comptes courants d’associés et réunir une assemblée annuelle.
Tout dépend du régime fiscal. Une SCI à l’impôt sur le revenu déclare ses résultats via la déclaration 2072 ; une comptabilité de trésorerie soignée peut suffire, mais une tenue rigoureuse reste vivement recommandée, notamment pour suivre les comptes d’associés. Une SCI à l’impôt sur les sociétés, en revanche, bascule dans une logique proche des sociétés commerciales : comptabilité d’engagement, amortissement des biens, bilan et liasse 2065. L’option pour l’IS, irrévocable, doit donc être mûrement réfléchie.
LMNP : selon que vous êtes au micro ou au réel
Le loueur en meublé non professionnel relève des bénéfices industriels et commerciaux. Deux régimes coexistent. Au micro-BIC, vos obligations sont minimales : un abattement forfaitaire s’applique sur vos recettes, que vous reportez sur votre déclaration de revenus, sans liasse ni bilan.
Au régime réel, en revanche, la mécanique change radicalement. Vous tenez une véritable comptabilité commerciale, vous amortissez le bien et le mobilier, et vous déposez une liasse (2031 accompagnée des tableaux 2033). C’est ce régime qui permet, le plus souvent, de réduire fortement la base imposable grâce aux amortissements — mais il suppose une tenue précise, raison pour laquelle de nombreux bailleurs s’y font accompagner.
Micro-entreprise : le régime le plus simple
La micro-entreprise (auto-entrepreneur) bénéficie d’obligations volontairement allégées. Pas de comptabilité d’engagement, pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas de dépôt au greffe. L’essentiel tient en un livre des recettes tenu chronologiquement et, pour les activités d’achat-revente, un registre des achats.
Côté déclaratif, vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’URSSAF — mensuellement ou trimestriellement — pour le calcul des cotisations. Tant que vous restez sous les seuils du régime, la franchise en base de TVA vous dispense de la facturer et de la déclarer. Au-delà, ou sur option, la TVA s’applique et vos obligations s’alourdissent. Un compte bancaire dédié et des factures conformes restent indispensables.
Association : à la mesure de son activité
Une petite association sans activité économique peut se contenter d’une comptabilité simple de trésorerie (recettes et dépenses). Dès qu’elle exerce une activité lucrative, perçoit des subventions publiques importantes ou dépasse certains seuils de taille, ses obligations se renforcent : comptabilité d’engagement, comptes annuels et, dans certains cas, nomination d’un commissaire aux comptes.
Les associations ne déposent pas leurs comptes au greffe du tribunal de commerce comme les sociétés. En revanche, celles qui reçoivent des financements publics importants peuvent être tenues de publier leurs comptes. Le bon réflexe est de calibrer la comptabilité sur la réalité de l’activité plutôt que sur le statut seul.
Vos obligations en un coup d’œil
Une vue d’ensemble simplifiée par statut. Elle ne remplace pas l’analyse de votre situation, mais permet de situer rapidement vos principales obligations.
Synthèse simplifiée à titre informatif ; les obligations exactes dépendent du régime fiscal, du régime de TVA et de la taille. La SCI à l’IS suit une logique proche des sociétés commerciales (bilan, liasse 2065).
Société à l’IS et micro-entreprise : deux mondes
Pour bien mesurer l’impact du statut, rien ne vaut la comparaison entre les deux extrêmes : une société soumise à l’impôt sur les sociétés et une micro-entreprise.
Le calendrier à ne pas manquer
Les obligations ont un rythme. Voici les échéances structurantes pour une société commerciale ; les autres statuts suivent des logiques plus légères mais comportent aussi leurs rendez-vous.
Clôture, approbation et dépôt
Tout commence à la clôture de l’exercice, le plus souvent au 31 décembre. Les associés doivent ensuite approuver les comptes en assemblée générale dans les six mois suivant la clôture. Une fois approuvés, les comptes sont déposés au greffe du tribunal de commerce dans le délai prévu par les textes — un dépôt par voie électronique ouvre un délai un peu plus large.
La liasse fiscale obéit à son propre calendrier : pour un exercice clos au 31 décembre, elle se télétransmet au printemps ; pour une clôture en cours d’année, dans les trois mois suivant la clôture. Mieux vaut anticiper plutôt que de découvrir l’échéance à la dernière minute.
TVA, paie et déclarations courantes
La TVA rythme l’année selon votre régime : déclaration mensuelle au réel normal, acomptes puis régularisation annuelle au réel simplifié. La DSN, elle, est mensuelle dès que vous avez de la paie. La micro-entreprise, de son côté, déclare son chiffre d’affaires à l’URSSAF chaque mois ou chaque trimestre selon l’option choisie.
Un retard se paie : pénalités et majorations s’appliquent en cas de dépôt tardif des comptes, de la liasse ou d’une déclaration de TVA. C’est précisément pour sécuriser ces échéances — et libérer du temps — que beaucoup d’entrepreneurs lyonnais délèguent à un cabinet. Si vous hésitez, vous pouvez comparer plusieurs cabinets avant de vous décider, gratuitement et sans engagement.
Obligations comptables : vos questions
Un expert-comptable est-il obligatoire ?
Non, aucun texte n’impose de recourir à un expert-comptable, quel que soit le statut. En revanche, les obligations comptables, elles, s’appliquent. En pratique, plus votre régime est complexe (société à l’IS, LMNP au réel, SCI à l’IS), plus l’accompagnement est recommandé pour éviter erreurs et pénalités.
La micro-entreprise a-t-elle une comptabilité ?
Oui, mais allégée : un livre des recettes tenu chronologiquement, complété d’un registre des achats pour les activités d’achat-revente. Il n’y a ni bilan, ni liasse fiscale, ni dépôt au greffe. La déclaration du chiffre d’affaires à l’URSSAF reste obligatoire.
Une SCI doit-elle déposer ses comptes au greffe ?
En principe non : la SCI est une société civile, pas une société commerciale, et n’est donc pas soumise au dépôt des comptes au greffe. Elle doit toutefois tenir une comptabilité, suivre les comptes d’associés et réunir une assemblée annuelle. Une SCI à l’IS suit, elle, une logique comptable proche des sociétés commerciales.
Quelle différence entre LMNP au micro et au réel ?
Au micro-BIC, un abattement forfaitaire s’applique sur vos recettes, sans comptabilité détaillée ni liasse. Au réel, vous tenez une comptabilité commerciale, amortissez le bien et le mobilier et déposez une liasse (2031 et tableaux 2033). Le réel est souvent plus avantageux mais demande une tenue rigoureuse.
Que risque-t-on en cas de retard ?
Le dépôt tardif des comptes, de la liasse fiscale ou d’une déclaration de TVA expose à des pénalités et majorations. Au-delà de l’aspect financier, des comptes non déposés ou une comptabilité incomplète fragilisent votre crédibilité auprès des banques et de l’administration. Anticiper les échéances reste la meilleure protection.
Puis-je tenir ma comptabilité moi-même ?
Oui, la loi ne l’interdit pas. C’est réaliste pour une micro-entreprise et envisageable pour une petite SCI à l’IR. Pour une société à l’IS, une LMNP au réel ou une SCI à l’IS, la technicité de la liasse et des comptes annuels conduit la plupart des dirigeants à confier au moins le bilan et les déclarations à un professionnel.
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